» Sur le blog de l'AFAL
» L’AFAL, partenaire du Forum mondial de la langue française
Le premier Forum mondial de la langue française se tiendra du 2 au 6 juillet 2012 à Québec.
Ce Forum proposera aux centaines de participants attendus de tous les continents – particulièrement de l’Afrique et des pays du Sud – des échanges et des réflexions portant sur les enjeux relatifs à la place et à l’avenir du français.

Dans la majorité des pays de la Francophonie, 60 % de la population a moins de 30 ans. Qu’ils soient francophones ou francophiles, ces jeunes adultes vivent dans des contextes économiques, politiques et culturels différents. Les défis parfois divergents et les enjeux académiques ou professionnels auxquels ils sont confrontés marqueront leur avenir. C’est pour entendre leur voix que le Forum fera une place de choix aux associations jeunesse et aux jeunes de 18 à 30 ans.
C’est dans ce cadre que l’AFAL et le Forum mondial de la langue française ont conclu une entente de partenariat. En effet, dix lauréats du Concours international des 10 mots de la francophonie seront invités, par le Commissariat général du Forum, à participer à cette semaine dédiée à la langue française, à Québec, début juillet.
L’AFAL est ravie et honorée de s’associer à cet évènement et remercie les équipes du Forum pour ce partenariat.
Informations et programme du Forum : www.forumfrancophonie2012.org
» Lettre de Jacques Godfrain à Stéphane Meunier
Ci-dessous, une lettre envoyée par notre président, M. Jacques Godfrain à M. Stéphane Meunier, rédacteur en chef de L’Automobile magazine, en référence à son éditorial dans le numéro de mai 2012.
Monsieur le Rédacteur en chef,
J’ai lu avec un immense plaisir, partagé par les membres de l’association que je préside, votre éditorial concernant la publicité de la nouvelle 208 Peugeot, dans le numéro 792 de L’Automobile magazine.
Pour qu’un pays soit fier de lui-même, il faut qu’il soit fier de sa langue. Il en est de même pour qu’une marque soit fière des produits qu’elle fabrique.
Les marques de voiture allemandes en France utilisent l’allemand pour faire sérieux. Les résultats commerciaux se font sentir, les Français apprécient ces véhicules. Comment un conseil d’administration d’une marque française peut-il se faire abuser à ce point par des marchands d’images et de slogans ?
Je vous prie de recevoir, Monsieur le Rédacteur en chef, l’expression de mes salutations distinguées.
Copie de l’éditorial (cliquez sur la photo pour agrandir) :

» Souvenir de vacances de Julia Martineau
Julia Martineau, scolarisée au lycée Jean Moulin de Thouars, est âgée de 16 ans. Ne pouvant participer au Concours international des 10 mots de la francophonie, ouvert cette année aux jeunes de 18 à 25 ans et aux bibliothécaires, elle a tout de même souhaité nous soumettre un texte, que nous publions avec plaisir.
Souvenir de vacances
Tous les ans, je pars en vacances dans notre maison de famille à Royan, avec mon père, ma sœur jumelle et le meilleur ami de mon père. Lors d’une journée organisée par mon père au zoo de la Palmyre, nous sommes devant la volière des orang-outans. En me penchant pour ramasser mon portable qui est tombé de ma poche, j’entends : “Julia ! Julia !”.
Je me retourne et je vois Charlène, ma meilleure amie de primaire, que je n’avais pas croisée depuis des années mais que j’avais vue à maintes reprises en songe. Elle m’a reconnue dès qu’elle m’a vue.
Nous sautons dans les bras l’une de l’autre et nous commençons à parler et à nous confier nos petites histoires. Charlène est mon âme-sœur, nous avons le même âge, le même caractère et nous sommes toutes les deux d’un naturel joyeux.
Nous partons faire un tour dans le zoo tout en nous racontant nos anecdotes de primaire, et aussi ce que nous faisons en ce moment dans la vie. Nous parlons afin d’essayer de rattraper les années qui nous ont séparées à cause de son déménagement, car son père est cadre dans une entreprise de transports maritimes et a été muté très loin. La visite du zoo terminée, Charlène doit partir car elle et ses parents sont invités chez des amis. Nous nous échangeons nos numéros de téléphone et nous jurons de nous donner des nouvelles rapidement. C’est très dur de la quitter sachant que je viens juste de la retrouver après tant d’années.
Le lendemain, je prends mon téléphone et lui propose de passer la journée à la plage. Baignade, bronzage, bavardage et fous-rires : quel programme de rêve ! Après cette superbe journée, impossible de se quitter, nous téléphonons à ses parents pour les avertir qu’elle mangera et dormira chez moi ; autrement ils seraient venus la chercher. Le lendemain, lorsque ses parents viennent, je suis très triste de la quitter mais heureuse de l’avoir retrouvée.
Sincèrement, ce sont les meilleures vacances que j’ai passées : retrouver ma meilleure amie d’enfance me rend heureuse et embellit mes journées. Pour rien au monde, je ne regretterais ces vacances.
Julia Martineau
» Colloque : Place, usages et variantes du français sur l’internet collaboratif
Biennale de la langue française
5e Colloque international
Événement associé au Forum mondial de la langue française Québec 2012
Vendredi 30 mars 2012, de 10 h à 13 h
Délégation générale Wallonie-Bruxelles
274, boulevard Saint-Germain — Paris 7e
Place, usages et variantes du français sur l’internet collaboratif

M. Jean-Alain HERNANDEZ, ingénieur général des mines (H), ancien professeur d’informatique à Télécom ParisTech et à l’ENSAE ParisTech. Président d’honneur de l’association des informaticiens de langue française (AILF)
Du wiki au tableau blanc électronique : les formes de l’internet collaboratif.
M. Serge PROULX, professeur titulaire à l’Université du Québec, Montréal. Professeur associé à Télécom Paris Tech, Paris.
L’internet collaboratif : limites et possibilités.
M. Olivier SAGNA, professeur à l’université Cheik Anta Diop, Dakar.
Les langues africaines sur Wikipedia : intérêt et limites.
Mme Adrienne ALIX, directrice des programmes de Wikimédia France.
La place du français sur les projets Wikimédia (Québec, Belgique, Suisse, France, Afrique, etc.).
M. Thibault GROUAS, chargé de mission (Langues et numérique) à la Délégation générale à la langue française et aux langues de France, Paris.
Langue française et langues de France sur les outils collaboratifs.
La Biennale de la langue française remercie la Délégation générale Wallonie-Bruxelles, l’Organisation internationale de la Francophonie, la Délégation générale à la langue française et aux langues de France et Wikimédia France.
Entrée libre.
» Remise de la Légion d’honneur à Philippe de Saint-Robert
Remise des insignes de chevalier dans l’Ordre national de la Légion d’honneur
à Philippe de Saint Robert
Conseil constitutionnel,
le 22 juin 2010
Réponse de l’impétrant au discours de M. Jean-Louis Debré,
Président du Conseil constitutionnel
Monsieur le Président,
Je ne saurais trop vous remercier d’avoir bien voulu m’accueillir ainsi que mes amis – je tiens à saluer la présence de Mgr le comte de Paris, qui sait à quel point je suis attaché à tout ce qu’il représente, celle de Jean-Pierre Chevènement avec qui j’ai mené tant de combats, et celle de mon ami Jean de Boishue, sans la bienveillance de qui cette remise n’aurait pas eu lieu – pour cette cérémonie qui, à mes yeux, revêt le caractère d’une reconnaissance pour le combat que je n’ai cessé de mener pour la langue maternelle qui est la nôtre et, qu’à l’occasion d’une récente consultation, nos concitoyens ont plébiscité à 80 % comme étant le principal identifiant de cette « identité nationale » (j’aurais préféré qu’on parle de personnalité) de la France.
Le temple de cette constitution, qui doit tout à Michel Debré (je ne sais s’il la reconnaîtrait aujourd’hui) est aussi, par son article II – qui énonce que « la langue de la République est le français » – gardien de notre langue.
Il fallut attendre les années 60 pour que les autorités de la République s’inquiètent de son destin. Le général de Gaulle, qui était compris de la terre entière lorsqu’il parlait français, notait dans ses Mémoires de guerre que la France obtint, à San Francisco, « ce à quoi nous tenions le plus. C’est ainsi que, malgré certaines hostilités, le français fut reconnu comme langue officielle des Nations Unies. » Elle le demeure – et se trouve même, avec l’anglais, la seule langue de travail du Secrétariat de cette organisation.
Dans les années 60, donc, à la suite de la publication du célèbre libelle d’Etiemble, son condisciple de la rue d’Ulm – Parlez-vous franglais ? – Georges Pompidou s’émut et, s’inspirant des Lettres patentes de Louis XIII créant l’Académie afin de « rendre le langage françois non seulement élégant mais capable de traiter tous les arts et toutes les sciences », il mit en place des commissions de terminologie afin de permettre aux personnes de bonne volonté de ne pas jargonner gallo-ricain.
Ces problèmes n’ont guère intéressé tous ses successeurs. François Mitterrand, toutefois, eut des préoccupations de cet ordre. Il déclara : « Personne n’entend plus un peuple qui perd ses mots », ou encore, ce qui va plus loin : « Nous sommes restés au cœur des rapports de puissance. Nous y restons de même quand nous défendons notre langue. » D’habiles conseillers en communication lui représentèrent que ce combat pouvait sembler d’« arrière garde » : c’est fou ce que les communicateurs et les journalistes peuvent être d’avant-garde – sauf qu’à la différence des avant-gardes militaires, ils n’emportent jamais aucune position, mais conseillent plutôt de les abandonner. Mme Thatcher, qui pourrait revendiquer la palme de la Nouvelle Europe pour avoir désindustrialisé son pays, l’avait, paraît-il, pronostiqué : « Dans ce XXIe siècle, le pouvoir dominant est l’Amérique, le langage global est l’anglais, le modèle économique est le capitalisme anglo-saxon. » On connaît les résultats.
On a tout entendu, y compris que la langue française était machiste à cause de la prédominance du masculin au pluriel (c’est confondre sexe et genre), et que son orthographe, réputée difficile depuis une célèbre dictée qui ne voulait qu’être ludique, serait la cause de son recul – comme si toutes les langues n’avaient pas leurs difficultés, dont l’anglais aux prononciations impossibles.
Disons-le : le problème posé naguère par Etiemble est largement dépassé depuis que la Conférence des grandes écoles, encouragée par leur ministre de tutelle, prétend introduire dans notre enseignement supérieur un enseignement en anglais, ce qui est d’ailleurs contraire à la loi du 4 août 1994, dite loi Toubon – mais qui se souvient aujourd’hui des lois qui dérangent ?
Les arguments avancés sont nuls ou controuvés. Cette nouvelle déclinaison de l’identité française, en niant la capacité de notre langue de donner accès à tous les domaines de la culture, des sciences et des techniques, alors que le français a été la langue de la première grande encyclopédie, est ahurissante d’absurdité dans un monde qui est de plus en plus multilingue.
Déjà Paul Valéry et Fernand Braudel, rejetant toute définition ethnique ou territoriale de la France, pensaient, avec la majorité écrasante des Français d’aujourd’hui, que c’est par sa langue que la France pouvait le mieux se reconnaître. Serait-ce donc la raison pour laquelle, en ce temps de désintégration intérieure par intégration extérieure, l’on voudrait à tout prix priver les Français de leur langue, en contestant à celle-ci chaque jour davantage son rôle national et international ?
Relisons le Pour un Malherbe, de Francis Ponge, admirable livre où l’auteur du Parti pris des choses se méfiait du malheur des idées mais tenait à la langue comme à une espèce religieuse où la matière et l’esprit sont idéalement mêlés. Aux Trissotins du charabia déstructuré pour « libérer » la pensée, il répond par son apologie de Malherbe : « La meilleure façon de servir la République, c’est de redonner force et vie au langage. » Confucius ne disait pas autre chose. Et tout devient, à la relecture de cette leçon sur Malherbe, d’une reposante simplicité : « Nous pratiquons la langue française. Celle-ci n’est pas seulement pour nous un instrument naturel de communication, c’est aussi notre « moyen » de vivre. (…) Notre façon d’être est de pratiquer la langue française. » C’est, ajoute Francis Ponge, avec l’amour notre seul exercice où notre personnalité soit intégralement en jeu.
Plaçons donc notre belle langue française, comme l’appelait le regretté Maurice Druon, sous la protection de l’article II de notre Constitution et sous la vôtre, Monsieur le Président.
P.S.R.
» Bonne année 2012
L’année 2012 sera-t-elle marquée par un ressaisissement des élites, un apprentissage populaire de langues diverses (comme le chinois, l’arabe, les langues méditerranéennes…) pour éviter la pensée unique, commerciale, financière, culturelle, économique, issue du monde anglo-saxon ?

Quand je souhaite aux élites de se ressaisir c’est d’abord pour respecter la langue française dans son utilisation, son orthographe, sa grammaire. C’est ensuite pour cesser de se jeter sur la moindre locution anglaise irrespectueuse de la précision d’une expression française.
Le risque n’est pas simplement lié à l’extinction d’une façon de parler, d’écrire, de penser. Le risque est d’abandonner la précision du langage qui a fait du français la langue diplomatique par excellence (un certain nombre de nos élites diplomates devraient y réfléchir). Ne dit-on pas dans certains bureaux des Nations Unies que l’accord de paix entre Israël et les Palestiniens ayant été rédigé en anglo-américain, les imprécisions de langage ont été source de conflits et de violence ?
Mais deux exemples vécus m’incitent à redoubler d’efforts pour le français à contre-courant du laisser aller de l’esprit dominant. Allant à Haïti, à Port au Prince, après le séisme, pour rencontrer les jeunes volontaires français mis à disposition pour relever la ville de ses ruines, quelle extraordinaire surprise ai-je eu d’être accueilli par une petite troupe de jeunes Haïtiens. Dans leur malheur, et au milieu de la désolation, ces jeunes ont récité, sans note, de merveilleux textes d’André Chénier. Je m’imaginais à la sortie d’un lycée en France demandant aux élèves s’ils connaissaient ce grand poète, je redoute la réponse !
Un deuxième moment rare m’a rappelé la fierté de pouvoir parler la même langue que des auteurs populaires aux immenses qualités littéraires. Récemment, allant à la rencontre de travailleurs maliens à Montreuil, l’un d’entre eux, dans un français magnifique, m’expliquait son apprentissage de notre langue commune au lycée de Kayes, étudiant Molière et Corneille. Son désir était d’avoir une autre idée plus accessible de notre langage. Depuis, il a reçu la trilogie de Pagnol. Le français lui apparaît désormais comme drôle et profond à la fois, moderne et expressif de situations populaires.
Quand mon exigence du français dans les échanges quotidiens est parfois considérée comme ringard, je parle de ces jeunes Haïtiens ou de ces travailleurs maliens pour rappeler nos simples devoirs à leur égard.
C’est une façon de préparer l’avenir pour l’emploi, le respect de l’identité et de soi-même. C’est ce que je vous souhaite de plus ardent pour l’an nouveau !
Jacques Godfrain
Président de l’AFAL
» Le Gange, exposition de photographies
L’Association Les Comptoirs de l’Inde présente : Le Gange, exposition de photographies de Gérard Clot, Bernard Grismayer, Catherine Gaudin, Seydou Touré.

L’exposition est en accès libre du 3 au 17 décembre 2011, du lundi au samedi (sauf le 10), de 15h à 18h30, à l’association Les Comptoirs de l’Inde, 60 rue des Vignoles 75020 Paris.
Renseignements : 01 46 59 02 12 ou comptoirs-inde@wanadoo.fr.
» Forum de la Société Civile
La Conférence des OING du Conseil de l’Europe organise à Strasbourg, au Palais de l’Europe, le lundi 14 novembre 2011, le Forum de la Société Civile sur le thème “vivre ensemble, concilier la diversité et la liberté dans l’Europe du 21e siècle”.
L’objectif essentiel de la réunion sera d’identifier de nouvelles stratégies propices au développement des sociétés multiculturelles en Europe ; une attention particulière sera portée à la poursuite de la coopération avec les pays du pourtour méridional de la Méditerranée, en raison de l’élan vers la démocratie qui s’est manifesté ces derniers mois dans les pays de cette zone”.
Les responsables d’associations membres de l’AFAL qui souhaiteraient participer à cette manifestation peuvent interroger la direction des OING et de la Société Civile du Conseil de l’Europe par téléphone au +33 (0) 388 41 31 07, par télécopie au +33 (0) 390 21 47 66 ou par courriel à ngo-unit@coe.int.
L’inscription est gratuite ; les frais de voyage et de séjour sont à la charge des participants.
Important : Bien préciser, si vous êtes intéressés, que vous êtes membre de l’AFAL, laquelle est dotée, condition nécessaire, du statut participatif auprès du Conseil de l’Europe.
Plus d’informations : www.coe.int/ngo
» Droits culturels des francophones de Flandre
De Haan (Belgique), le 10 octobre 2011 - Suite à l’examen périodique universel de la Belgique et la recommandation de l’ONU de ratifier la Convenion-cadre sur la protection des minorités nationales, le Ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles Rudy Demotte (PS) a écrit au Premier ministre Yves Leterme pour lui demander de convoquer la Conférence Interministérielle de Politique Extérieure (CIPE) afin que les autorités fédérales se concertent au plus tôt avec les entités fédérées sur l’interprétation à donner au concept de minorité nationale en Belgique.

“Cet exercice aura l’intérêt de remettre sur la table de la concertation intra-belge la question de la ratification de la Convention-cadre sur la protection de minorités. Si, in fine, la Belgique devait repousser cette recommandation de ratification sur un nouveau veto de la Communauté flamande, elle devrait justifier ce refus auprès du Conseil des droits de l’homme”, a précisé M. Demotte.
Autant dire que nous attendions avec impatience la suite des événements. D’autant plus que le Président du CD&V Wouter Beke avait, entre-temps, mis comme préalable à la poursuite des négociations, sans le chef de file des nationalistes flamands Bart De Wever (N-VA), le retrait de quatre points de la note du formateur Elio Di Rupo (PS), dont la circonscription fédérale et la ratification de la Convention-cadre. Soulignons le courage politique d’Elio Di Rupo. Jamais on avait été aussi près de la ratification de la Convention-cadre et de la création d’une circonscription fédérale. C’est une étape vraiment importante dans notre démarche: une reconnaissance officielle de notre position.
Disons tout de suite que la réponse de notre pays à la recommandation de l’ONU n’a rien apporté de neuf. “Lors de la signature de la convention-cadre pour la protection des minorités, la Belgique a formulé une réserve quant au concept de minorité nationale. Dans l’intervalle, un groupe de travail s’est réuni. Jusqu’à présent, il n’y a pas d’accord en Belgique sur ce concept”, s’est contenté d’expliquer notre ambassadeur auprès de Nations Unies, François Roux. Mais, il n’a toutefois pas complètement fermé la porte: “Je conclus, Madame la Présidente, en rappelant que la Belgique s’est également engagée volontairement à présenter un rapport intermédiaire pour son examen périodique universel en 2013. Ce qui signifie que nous reviendrons vers vous, au Conseil des droits de l’homme, dans deux ans, pour vous faire part du bilan à mi-parcours et vous indiquer nos progrès”.
Nous avons suivi la séance en direct, via internet (www.un.org/webcast), ce qui nous a permis de nous rendre compte que les ONG pouvaient intervenir dans le débat. Bien évidemment, pas n’importe comment. Elles doivent suivre des règles, être accréditées.
Nos recherches nous ont fait découvrir l’existence du “Forum sur les questions relatives aux minorités”, ouvert à la participation des ONG dotées du statut consultatif, mais aussi d’autres ONG dont les buts et objectifs sont conformes à l’esprit, aux buts et aux principes de la Charte des Nations Unies et à d’autres représentants de la société civile.
Nous sommes cette société civile qui, au nom d’un groupe, s’adresse aux pouvoirs institutionnels. Déjà nous avons introduit un dossier au Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies. Son existence obligera notre ministre des Affaires étrangères à ne plus “oublier” de mentionner le problème de la minorité francophone en Flandre lors de l’examen périodique universel auquel sont soumis les Etats membres.
De nouvelles pistes s’ouvrent à nous…
Pour plus d’informations : www.francophonie.be/ndf
» La chanson française à l’étranger par Me Jean-Claude Amboise
La 19e édition de l’Année francophone internationale (2010-2011) publie un très intéressant article de Me Jean-Claude Amboise, avocat au barreau de Paris qui, depuis de nombreuses années, défend devant la justice les intérêts des trois associations (dont l’AFAL) agréées par les Pouvoirs publics pour veiller à la bonne application de la loi du 4 août 1994, dite loi Toubon, relative à l’emploi de la langue française.
Me Amboise a une connaissance approfondie de la chanson française, de toutes les époques et de tous les genres, dont il défend avec obstination la diffusion. Il avait, on s’en souviendra [1], joint sa voix à la vague de protestation qui avait accueilli la décision de Sébastien Tellier d’interpréter, en anglais, sa chanson au concours Eurovision de Belgrade, en mai 2008, où il avait été désigné pour représenter la France.
Cette décision avait été jugée d’autant plus fâcheuse que ce concours est suivi par des millions de téléspectateurs, mais aussi parce que ce chanteur avait été choisi par France 3, chaîne de télévision nationale de service public.
Aujourd’hui, Me Amboise s’emploie à démontrer que, face au recours croissant à l’anglais par les nouveaux groupes ou chanteurs français, il est possible de conjuguer langue française et rayonnement international dans la chanson.
Sa démonstration, détaillée et établie sur des données fiables, à savoir le classement des ventes des chansons à l’étranger, entraîne la conviction.
Parmi les chanteurs « classiques », il cite en premier lieu Edith Piaf, la chanteuse française la plus connue à l’étranger, Charles Aznavour, qui peut, selon les publics, s’exprimer en quatre langues mais qui est aussi reconnu par le Gouverneur général du Canada comme « l’un des plus grands ambassadeurs de la chanson française », Mireille Mathieu, également plurilingue, dont les albums en langue française rencontrent un très grand succès à l’étranger, Joe Dassin, franco-américain, plurilingue lui aussi, dont le répertoire est universellement connu, Patricia Kaas, Mylène Farmer et la canadienne Céline Dion qui font triompher la langue française hors de nos frontières, Serge Gainsbourg et Jane Birkin ne sont pas oubliés.
Me Amboise se penche aussi sur les chanteurs de la nouvelle génération qui contribuent, eux aussi, à la diffusion et au succès de la chanson française à l’étranger : Alizée, Carla Bruni, Les Nubians, jeune duo de sœurs françaises d’origine camerounaise, qui se veulent « ambassadrices officieuses de la francophonie », trop peu connues en France, elles ont conquis un public nord-américain nombreux et fidèle.
Me Amboise exprime aussi sa reconnaissance aux chanteurs étrangers contemporains qui s’expriment en français.
En conclusion à ce commentaire sur la remarquable étude de Me Amboise sur la chanson française à l’étranger, il a paru réconfortant, en cette période où la francophonie connaît bien des difficultés, de rapporter ce témoignage de la chanteuse américaine Stacey Kent, rapporté par l’auteur : « Je voyage beaucoup. Nous avons visité 27 pays pendant la dernière tournée. La chose la plus extraordinaire, c’est que les gens autour du monde adorent la langue française. Il y a aux Etats-Unis, en Asie, en Angleterre des gens qui insistent pour que je chante en français. J’adore partager ces chansons et cette langue avec d’autres étrangers ».
Louis Bouroux
Source : Année francophone internationale, Agora francophone internationale, Centre de l’École supérieure de journalisme de Lille, 50 rue Gauthier de Châtillon, 59046 Lille Cedex, www.anneefrancophone.eu, 20€. L’article de Me Amboise peut aussi être consulté sur le site de l’Observatoire européen du plurilinguisme, plurilinguisme.europe-avenir.com
[1] Cf Liaisons n°60, page 23
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